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Publié le mercredi 22 avril 2009

Mercredi 22 avril 2009

Ce père qui a voulu vendre sa fille.

Une histoire comme les matantes les aiment.  La petite fille a 9 ans.  Elle vit dans un bidonville aux Indes et elle a été recrutée pour jouer un rôle dans le film à succès Slumdog Millionaire.

 

Si c’est pas effrayant, dira la première matante en zappant sa télé vers une autre émission divertissante.  Si ça du bon sens de vouloir faire ça à son enfant.

 

Vu d’ici, selon nos critères, c’est de l’inconscience.  C’est épouvantable.

Vu de là-bas, c’est un geste d’amour, une chance offerte à sa fille.

 

Elle a 9 ans.  Elle a vu et goûté à une vie qui ne repassera pas.  Elle rêve d’être actrice.  Elle vit au milieu des poubelles avec ses parents.  Sans ce film, elle y aurait vécu toute sa vie.  Malgré ce film elle y vivra toute sa vie.

La différence entre « avant » le film et maintenant, c’est qu’elle sait qu’elle aurait pu y vivre en dehors de son bidonville.

 

Son père a voulu la « vendre ».  Disons plutôt qu’il a voulu savoir combien valait le rêve de sa fille.  Ce père n’est pas con.  Sa fille ne pourra jamais atteindre son but, malgré l’argent placé pour ses études. 

Le film a été un immense succès et Danny Boyle, le réalisateur a versé 745 000 $$ us pour l’éducation des enfants des bidonvilles.  5 000 enfants pourront aller à l’école pendant 5 ans.  C’est bien.  Mais le film a rapporté des centaines de millions de dollars…  me semble que 745 000 $$ c’est peu.

 

Et pourquoi la famille de la petite Rubina n’aurait-elle pas, elle aussi, un 500 000 $$???

Histoire de quitter le bidonville et se loger convenablement ailleurs, plus près d’une école bien cotée, afin que la jeune actrice puisse vivre dans un environnement qui favoriserait son rayonnement…  genre.

Pourquoi récolte-t-elle que des miettes et qu’on lui impose un cadre précis pour l’utilisation de son argent?

Elle l’a gagné avec son talent, laissons-la en faire ce qu’elle veut.

Les jeunes acteurs étatsuniens ont-ils les mêmes contraintes??

 

Sûrement pas.

 

Le paternalisme pompeux est dégueulasse.

 

Ce père est captif du rêve de sa petite fille, en sachant qu’il n’a pas les possibilités de lui permettre de l’atteindre.

 

L’hypocrisie des dirigeants indiens est aussi à dénoncer.  Beaucoup de parents se voient obligés de vendre leurs enfants.  Parfois pour survivre, d’autres fois en espérant que ceux-ci s’en sortiront mieux dans leur nouvelle famille.  La misère entretenue provoque ces infamies. 

 

Penser vendre son enfant démontre la profondeur de la misère quotidienne de ce père.

Dire qu’ici, des gens qui ont une qualité de vie, ne vendent pas leurs enfants, ils les négligent… 

Est-ce pire?

 

Pourquoi les enfants du bidonville n’ont-ils pas eu 1 million chacun?  Et laisser les familles en faire ce qu’ils en veulent?  L’attitude des producteurs est  méprisante….


par chat de ruelle le 2009-04-22 00:16:07
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2 Commentaires :

Commentaire écrit le jeudi 23 avril 2009 à 19:42:27 (lien)
Mo
Allo
j'ai toujours beaucoup de plaisir à te lire; j'aime beaucoup ce thème: les enfants et aussi quand tu parles de développement durable. Les arroseurs d'asphalte me font penser à mon voisin "l'homme qui gaspillait l'eau".
Je me suis inscrite au Défi Climat aujourd'hui. Au plaisir
Mo xx


Commentaire écrit le mercredi 22 avril 2009 à 08:58:06 (lien)
Petite Fadette
Ceux qui s'indignent ici font exactement la même chose, mais avec les moyens qu'ils disposent.


Là bas, le père pensera vendre sa fille. Ici, on accroche la clé au cou des enfants et on leur achète de bon tv dinner qu'ils pourront chauffer au micro-ondes, judicieusement mis à leur hauteur...


L'éducation n'est pas une preuve d'intelligence.


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