Jeudi 16 avril 2009
Les arroseurs d’asphalte
Tous les printemps nous ramènent ces personnes bien pensantes qui gaspillent de l’eau potable pour faire fondre les derniers bancs de neige sur leur parterre ou qui nettoient leur entrée en asphalte.
Tous les printemps, ils nous radotent la même rengaine en ayant des arguments tellement peu crédibles que toute discussion le moindrement intelligente est impossible.
En effet, comment justifier ce gaspillage d’eau potable pour faire disparaître les traces de neige qui disparaîtront de toute façon dans quelques jours? Comment rendre acceptable d’arroser son asphalte plutôt que d’utiliser un balai?
Depuis peu, les gaspilleurs y vont de ripostes encore plus poussées. L’utilisation de l’eau potable au Québec n’en donnera pas plus au Sahel, clament-ils, sûrs de leur argument béton tout en arrosant leur asphalte.
Évidemment pas! Mais ce n’est pas parce qu’on est riche en eau qu’il est plus justifié de la gaspiller.
Le problème est plus profond. Il touche à ce qu’on croit comme fondamental. « le droit de. »
Ça touche à notre philosophie de vie. Ça touche à l’abondance qui nous entoure et qu’on ne voit plus. Ça touche à notre insensibilité face à la planète.
Bizarrement, les gens sont choqués de voir des riches exagérer avec la richesse commune. Les gens déchirent leur chemise face aux primes et aux salaires exorbitants que les riches se paient à même le plat commun de toutes les économies. Les gens sont scandalisés. Ils hurlent « il faut faire quelque chose. Ça pas de bon sens qu’une minorité abuse, alors que les autres n’ont rien. »
Pourtant, leurs agissements égoïstes ont le même impact de frustration quand ils gaspillent de l’eau potable. Sous prétexte d’abondance, ils gaspillent, ils surutilisent. Ce sont probablement les mêmes personnes qui font tourner leur moteur, l’hiver, quand ils sont à l’épicerie. Facile de juger les autres mais difficile de se remettre en question.
Gaspiller est un geste facile.
Le problème avec le gaspillage de l’eau potable, n’est pas l’eau. Elle retourne au cours d’eau et refait le cycle naturel par l’évaporation, la condensation et la précipitation. Le problème est dans le refus de changer, la résistance face à une nouvelle attitude à adopter. Si les gens sont incapables d’accepter de changer un geste aussi banal que l’arrosage de leur asphalte, on est pas sorti de l’auberge quand viendra le temps de toucher à des attitudes plus fondamentales….
par chat de ruelle
le 2009-04-16 09:17:48
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