Jeudi 19 mars 2009
Les yeux commencent à s'ouvrir, mais le déni persiste
Le budget vient d’être déposé. Les déficits sont bien là et celui de 2010-11 risque d’être pas mal plus important. Car, le gouvernement estime que la croissance, au Québec, sera de 1,9 % en 2010. C’est très optimiste!!! Trop, probablement.
Il est facile de deviner que la moindre croissance moins bonne en 2009 et 2010 bousculera le Québec vers un gouffre financier très violent. Et que dire de la décroissance anticipée en 2009, estimée à –1,2 % et que plusieurs croient trop optimiste….
Les déficits seraient plus logiquement plus près des 5 ou 6 milliards annuellement.
La hausse de la TVQ le 1 janvier 2011 compliquera la vie des consommateurs, qui devront mesurer leurs réels besoins et revoir leur accès au crédit. Car, avec les mouvements comme la FED aux États-Unis fait en rachetant des Bons du trésor à la hauteur de 300 milliards pour les emprunts à long terme, elle poussera l’inflation vers le haut en Amérique du Nord. Une inflation importante, du genre 9 ou 10 % étoufferait une grande majorité de consommateurs, limitant les achats et augmenterait les faillites personnelles et d’affaire.
Si les tarifs gouvernementaux augmentent en suivant le rythme de l’inflation, certains services deviendront hors de prix et inaccessibles pour plusieurs familles. L’indexation des permis et autres taxes risquent de provoquer de la délinquance. Plusieurs « oublieront » de payer divers permis ou taxes, devenus trop onéreux.
Les énergies vertes et le développement durable, tel que le transport en commun, sont un peu négligés. Dommage, car la nouvelle économie sera motivée par une nouvelle approche des façons de faire. Le Québec risque de se mordre les doigts en 2012, mais la récession ne sera pas terminée pour autant.
La ministre des Finances veut que le Québec rebondisse en 2010. Son souhait ne se réalisera pas. Le retour de l’économie sera un long chemin qui durera de 3 à 5 ans, si des décisions courageuses sont prises plus rapidement que tard. Les Québécois ont une petite fenêtre devant eux pour consolider leurs assises, sur le plan personnel, afin de traverser cette longue crise avec le moins de dommages possibles. Six mois pour payer leurs dettes, pour structurer leurs placements et pour éliminer le superflu peut sembler court, mais le temps nous presse. Depuis 2007, la récession était là. Pendant un an, sinon presque 2 ans, les gouvernements ont nié l’évidence, mal mesuré la crise ou tenté de cacher la réalité aux citoyens, croyant sans doute que cette crise se résorberait d’elle-même, que l’économie s’auto corrigerait d’elle-même. Ce retard n’a fait qu’accumuler les problèmes dans une montagne inextricable en avant. Une montagne qui risque de s’effondrer sur elle-même emportant beaucoup d’entre nous dans son mouvement.
Mondialement, les conséquences risquent d’empiler les problèmes financiers, ce qui provoquera une réaction exponentielle très négative. Les pays pauvres en subiront les conséquences en premier, sur le terrain. Les famines, coups d’états et déplacements de millions de personnes seront incontournables. Les pays émergeants connaîtront leurs premiers soubresauts économiques qui basculeront irrémédiablement dans les désordres sociaux. L’Europe devra faire des choix très difficiles avec les pays d’Europe de l’Est, qui ont des économies très fragilisées. La Russie, verra le rouble se dévalué avec le ralentissement de la consommation des dérivés du pétrole. L’Asie et l’Amérique du Sud qui sont tributaires des économies des autres régions du monde sombreront dans des conflits sociaux qui heurteront les classes sociales avec une violence dopée par le désespoir. Le Moyen-Orient s’enflammera en emmêlant les problèmes, les uns avec les autres, nourrissant le désespoir.
Les États-Unis et le Royaume-Uni verront de larges pans de leur économie s’écraser créant un déséquilibre dans les fonds de retraite qui s’évanouiront dans le tourbillon de la crise. Les seuls pays qui risquent de traverser la crise avec moins de dégâts que les autres seront les pays scandinaves, car ils possèdent des infrastructures utilisant les énergies vertes, possèdent des systèmes de transport en commun étendus et une expertise d’avant-garde dans les nouvelles énergie et le développement durable.
Le Canada, premier partenaire économique des États-Unis verra son économie fortement ralentie, car peu diversifiée et fortement dépendante de la surconsommation états-uniennes. L’Alberta connaîtra un ralentissement à cause de la crise économique qui rendra l’exploitation des sables bitumineux moins attrayante. L’Ontario, qui perdra le secteur automobile pour quelques années alors que la restructuration demandera de nombreux sacrifices plombera l’économie canadienne. Le Québec aura besoin de beaucoup de créativité pour tenter de maintenir un semblant d’économie en développant le nord québécois. Toutefois, les façons de faire devront nécessairement être revues pour les réinventer. L’horizon 2014 semble plus probable pour que le Canada ressente un timide début de croissance.
Le Canada devra se renouveler dans une nouvelle structure économique interne, en abandonnant des vaches sacrées pour parvenir à conserver quelques acquis qui feront l’identité canadienne.
Fiction? Réalité? Visionnaire? Perte de réalité? Les leaders mondiaux auront à jouer leur rôle. Pour le moment, en 2 ans de récession, aucune nouvelle façon de faire a été amenée afin de s’attaquer de manière innovatrice à cette crise. Le passé expliquant le futur, rien ne pousse à l’optimisme….
La surconsommation est terminée. Le pelletage par en avant achève. Le moment de vérité approche. Il faudra beaucoup d’humilité, de sincérité et d’audace pour bâtir une nouvelle avenue pour construire un monde mieux équilibré et appuyé sur autre chose que la consommation et les biens.
Belle opportunité qui s’offre à l’Humanité. Celle-ci a-t-elle suffisamment de maturité?…. une chose demeure, on le saura bientôt!
par chat de ruelle
le 2009-03-19 17:45:19
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