Mercredi 18 mars 2009
L'affaire de tous
Est-ce un réflexe essentiellement Québécois ou est-ce courant ailleurs dans le monde? Toujours est-il que ce réflexe de refiler à la communauté un problème spécifique à un milieu est souventes fois, un signe d'impuissance.
Le décrochage est l'affaire de tous. Après plusieurs années à ne pas vraiment s'attaquer au décrochage, après plusieurs années à faire des réunions, des coloques, des forums et mettre sur pied des campagnes, voilà la solution. "L'affaire de tous" responsabilise tout le monde. C'est correct. Mais encore.
Ça veut dire quoi "l'affaire de tous"?? Que les parents doivent s'intéresser au cheminement de leurs enfants? Que les parents soient sur les comités de parents?? Que l'employeur assouplisse les horaire de travail des jeunes??
Généralement, c'est déjà fait. Évidemment, une proportion ne le fait pas, mais comment on leur fait comprendre que c'est "l'affaire de tous"? Mais, si on laisse les effets collatéraux de côté, il se passe quoi à l'école pour prévenir le décrochage? Qu'est-ce que les écoles font, concrètement, pour motiver les jeunes à demeurer à l'école et aller chercher leur diplôme de secondaire V, qui, bien souvent, n'est plus suffisant pour obtenir un emploi?
L'affaire de tous, c'est un fourre-tout parfait pour ne rien faire.
On nous a fait le coup avec les gaz à effet de serre... avec le recyclage.... avec l'économie de l'électricité....
Ben oui, l'affaire de tous.
Si le Québec voulait des résultats, il aurait fallu contraindre les raffineries à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre tout comme d'autres compagnies polluantes. Si le Québec voulait des résultats, il aurait fallu imposer le recyclage à tous, en même temps, afin de créer un mouvement d'entraînement. Si le Québec voulait des résultats, il aurait fallu imposer le retrait de plusieurs centaines de milliers de lumières, lampadaires et autres sources lumineuses inutiles des grandes entreprises et commerces pour économiser pas mal plus d'électricité que les 6 millions de Québécois sauve en n'oubliant pas de fermer la lumière de la salle de bain, ou en lavant à l'eau froide.
Ben non, on met la responsabilité sur "l'affaire de tous, afin de ne pas imposer des actions sur les premiers coupables.
Le décrochage est l'affaire de tous, mais le premier maillon de cette chaîne est l'école. La souplesse, le dynamisme, l'audace et l'intérêt pour suivre les cours. Tous les parents du Québec peuvent bien s'intéresser aux études de leurs enfants, si celui-ci revient de l'école en annonçant que son 5 ième suppléant dans le cours de math savait pas quoi leur donner comme matière et que le prof d'histoire est plate à mourir et celui de français n'a aucun contrôle sur le groupe qui délire à chaque cours, tout commence là!
Fait que "l'affaire de tous" est un joyeux fourre-tout qui ne fait que démontrer que le milieu scolaire est incapable de s'inventer sur le terrain. Théoriquement, les "spécialistes" vont pondre des milliers de pages en papier glacé pour "faire jeune" avec des "objectifs ludiques centrés sur le vécu des étudiants dans une école moderne".... Comme dirait Homer Simpson : C'est plate!!!!
par chat de ruelle
le 2009-03-18 08:28:56
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