Mardi 29 avril 2008
les régions se vident
Le Québec est divisé en 17 régions. Ces 17 régions ont, chacune, leurs caractéristiques et leurs ressources. Certaines se dépeuplent alors que d’autres connaissent une croissance démographique. Alors, il n’est pas surprenant d’apprendre que la croissance démographique est concentrée dans 4 régions qui sont en périphérie de Montréal. Les Laurentides, Laval, Lanaudière et la Montégérie récupèrent la grande majorité des « immigrants » des autres régions du Québec.
De là à conclure que les régions qui se vident sont les plus loin de Montréal, il n’y a qu’un pas. Des 4 régions qui subissent une perte démographiques importantes, on retrouve la Côte Nord, le Nord-du-Québec, la Gaspésie et le Saguenay-Lac-St-Jean. 66 835 personnes ont quitté ces régions, depuis 1991.
Pourtant, voilà pas très longtemps, le Premier Ministre, Jean Charest affirmait vouloir développer les régions. Comment ?? Avec quoi ?? Depuis 1991, la saignée augmente sans cesse et rien ne semble allumer une petite lumière d’urgence dans les plans du gouvernement. Ils ont eu 16 ans pour s’occuper, minimalement, des régions…… qu’ont-ils fait ?? Exactement le contraire !! Depuis 16 ans, les gouvernements qui se sont succédés aux rênes du Québec ont aidé l’exode, en centralisant les ministères à Québec, majoritairement. Les régions sont abandonnées.
La population du Québec se répartie ainsi :
Montréal 1 873 971 personnes 1 ville
Montérégie 1 386 963 personnes 176 villes
Québec 671 468 personnes 1 ville
Laurentides 461 366 personnes 83 villes
Lanaudière 424 223 personnes ?
Chaudière 399 563 personnes 136 villes
Laval 376 845 personnes 1 ville
Outaouais 338 491 personnes 75 villes
Estrie 300 917 personnes 88 villes
Saguenay-Lac St-Jean 274 095 personnes ?
Mauricie 259 424 personnes 47 villes
Centre-du-Québec 228 099 personnes 83 villes
Bas St-Laurent 201 882 personnes 133 villes
Abitibi-Témiscamingue 150 622 personnes 79 villes
Côte Nord 96 861 personnes 52 villes
Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine 96 924 personnes ?
Nord-du-Québec 39 892 personnes 27 villes
On peut remarquer que parmi les 4 régions qui se dépeuplent le plus rapidement, trois sont les moins peuplées (Côte-Nord, Gaspésie, Nord-du-Québec). Ce qui les place dans une situation très vulnérable. Avec des pertes de
179 par 1 000 habitants pour la Côte Nord disparition probable 83 ans
173 par 1 000 habitants pour le Nord-du-Québec disparition probable 35 ans
130 par 1 000 habitants pour la Gaspésie disparition probable 116 ans
109 par 1 000 habitants pour le Saguenay-Lac St-Jean disparition probable 138 ans
La majorité de ses départs, on le devine sont des jeunes de 18 à 30 ans, en grande majorité, causant une perte sociale et entrepreneuriale très importante pour ne pas dire, essentielle.
Ce dépeuplement cause un dangereux débalancement. Il diminue la capacité économique des régions qui, par manque de main d’œuvre, ne peuvent démarrer certains projets économiquement viables et d’une importance capitale pour le Québec. Du même coup, ce dépeuplement se concentre dans la lointaine banlieue de Montréal, amplifiant l’étalement urbain et causant une pression énorme sur les infrastructures de Montréal qui doit recevoir sur son île, de plus en plus de personne. Montréal aussi se dépeuple, mais l’immigration internationale masque le problème pour ceux qui ne veulent pas voir. Montréal vit des problèmes d’embouteillages chroniques. Un trajet routier a augmenté en temps de 20 minutes comparativement au même trajet voilà 10 ans. Le Québec s’étouffe lui-même. Les gouvernements se sont succédés sans bouger.
Maintenant, l’asphyxie des régions est à un point critique. A combien de gens, une région a-t-elle encore sa vitalité économique ?? Car, une ville qui se dépeuple perd ses services un à un. Moins de gens implique moins d’enfants, donc, la commission scolaire coupent des postes de profs et les hôpitaux coupent des postes d’infirmières alors que les médecins font des pieds et des mains pour se sauver au plus vite….. Cette baisse de personnel amène moins de clients au resto du coin qui fermera ses portes, tout comme un ou 2 autres services. Et le cycle continue….. Parce qu’il y a moins de gens, les entreprises hésitent de s’y implanter. Les projets majeurs sont mis en marche par de la main d’œuvre des autres régions, voyagée par avion et vivant dans des camps, avec un horaire de 7 jours de travail et 7 jours de congé, ou 14/14. Les retombées économiques retombent ailleurs et l’appauvrissement s’installe. Les services ferment un à un, le manque d’achalandage fait monter les prix, ce qui rend les commerçants qui restent vulnérables face aux prix offerts dans les autres régions. La synergie régionale est arrêtée, la région vivote et coûte de plus en plus chère au gouvernement.
Y a-t-il une façon d’arrêter cet exode intérieur ?? Ça prend, à tout le moins, une volonté gouvernementale. Ça prend une vision du développement global du Québec. Ça prend des investissements en région pour implanter des entreprises. Ça prend des incitatifs pour attirer les gens en région. Et ça prend de la complémentarité entre les grands centres, surtout Montréal et sa couronne et les régions plus éloignées.
Est-ce que le gouvernement a un plan ??….. À part les belles paroles de Jean Charest, les résidents des régions n’ont pas beaucoup d’encouragements, ni de signes….
Regardons dans la plus petite région habitée du Québec, le Nord-du-Québec. 39 892 personnes réparties en 2 groupes. Les autochtones avec 23 186 personnes et les non-autochtones avec 16 706 personnes. Les autochtones se répartissent dans 23 villages alors que les non-autochtones sont dans 5 villes, 3 villages et 2 hameaux. En subissant des pertes de 7 100 personnes sur une période de 15 ans on peut croire que d’ici un maximum de 35 ans, plus aucun non-autochtone ne vivra dans cette région.
Or, cette région regorge de ressources naturelles. Le bois, l’or, le cuivre, l’argent, le nickel, l’uranium, les diamants et l’hydroélectricité sont les principaux attraits qui permettent au Québec de poursuivre son développement. Si les gens n’habitent plus cette région, pourrons-nous poursuivre l’exploitation de ses richesses ?? Si non, le Québec peut-il se passer de ses retombées économiques ?? En abandonnant un aussi grand territoire, le Québec ne risque-t-il pas de perdre sa souveraineté sur ledit territoire aux mains des Cris et Inuits qui pourront facilement revendiquer le statut de pays ou sinon de province ??
Qu’est-ce que le Québec veut ?? Nous avons dans notre cour arrière, un potentiel immense en richesses naturelles que l’on doit exploiter intelligemment, mais surtout en occupant le territoire, sinon, le Québec perdra de larges pans de son économie…. Et ce n’est pas les agissements de Claude Béchard, dans le dossier de l’exploitation de la forêt qui laisse espérer une vision, un changement ou même une ouverture à court et moyen terme.
La perte de l’occupation d’une région est dramatique pour le Québec. Montréal en ressentira les contre-coups, même si la majorité des résidents de l’île ne savent même pas à quoi ressemble cette région et qu’ils sont incapables d’identifier 3 villes ou villages de la région. Du développement durable, ça ressemble à ça : renforcer les régions, les rendre dynamiques et attirantes pour des Québécois qui veulent bâtir le Québec. Ça prend un chef de file ! Et présentement, le Québec n’en a pas. Y’a que le vent qui siffle entre les branches d’épinettes noires….
2043….. ça s’en vient vite….
par chat de ruelle
le 2008-04-29 01:57:32
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