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Publi le dimanche 30 mars 2008

Dimanche 30 mars 2008

Petite histoire d'une grande catastrophe forestière

 

Le malheur du monde forestier est que tout se passe en région.  Un endroit dont peu de médias nationaux s’intéressent.  C’est un endroit étrange les « régions ».  Beaucoup en ont peur !  À part les journalistes et autres travailleurs des médias, il y a aussi les médecins, mais ça c’est une autre histoire….

 

Bref, depuis l’Erreur boréale, les travailleurs forestiers sont considérés comme des crétins un peu barbares qui détruisent l’environnement avec un plaisir sadique.  Les gens des grands centres, Montréal et Québec, pour ne pas les nommer ne s’intéressent pas à la foresterie.  Pour eux, c’est quelque chose d’abstrait.  Ils rechignent contre l’abattage d’arbres, mais consomment de plus en plus de papier, mais encore là, c’est un autre dossier.

 

Cependant, la forêt fait travailler des milliers de travailleurs et fait vivre plusieurs villes et villages du Québec.  Ce qui est une bonne chose, car le gouvernement n’a jamais vraiment mis d’énergie dans les régions afin de leur permettre de se diversifier.  Le gouvernement a « donné » la forêt aux multinationales forestières.  Celles-ci se sont amalgamées sous l’effet de la mondialisation.  Elles sont énormes et surtout aveugles, sourdes et incapables de s’adapter.  Alors, elles préfèrent fermer des usines, faire des milliers de mises à pied et attendre.  Elles attendent les subventions.  Tout simplement.  Pas question pour elles de piger dans leur fric, non, c’est beaucoup plus agréable de se faire offrir la modernisation de ses équipements par un gouvernement myope et un peu paniqué.  Ce gouvernement fera des annonces, tout sourire, se disant ainsi créateurs de milliers d’emplois.  Bien sûr, en bout de ligne, il y aura 40 % moins d’emplois, mais le gouvernement se dira que c’est mieux que rien…..

 

Le plus étonnant dans cette fameuse « crise » que Guy Chevrette n’a pas arrêté de crier sur toutes les tribunes que les médias des grands centres lui offraient, est l’alignement des planètes pour les multinationales qui en ont profité pour fermer alors que les plus petites entreprises ont gardé le cap.  Il n’a cessé de dire « nous vivons une crise structurelle et conjoncturelle ».  Il parle bien, monsieur Chevrette.  Il a un ton autoritaire.  Les journalistes étaient contents.  Du matériel déjà digéré.  Le plus étonnant que je disais, est que les plus petites compagnies, elles, ont traversé la crise en se serrant les coudes.  Certaines ont même réussit à développer de la 2 ième et de la 3 ième transformation du bois et ce, sans aucune subvention gouvernementale.  C’est qu’en région, les entreprises sont habituées d’être oubliées et négligées par les gouvernements.  Ah, bien sûr, lors des élections, on les voit passer, en coup de vent, venir serrer des mains et promettre.  Un politicien, ça promet.  On devrait les appeler les « prometteurs »….. 

Donc, les petites entreprises et les moyennes ont traversé la crise parce que leurs dirigeants vivent dans la communauté.  Ça change complètement la dynamique.  Leurs employés ne sont pas des numéros, mais bien des êtres humains.  Quand même fascinant de constater que les plus petites entreprises sont parvenus à changer de cap.

 

Mais, le gouvernement ne semble pas en tenir compte.  Ah, il fait des promesses.  Ça, les entreprises forestières comme les Chantiers Chibougamau en ont des caisses pleines au sous-sol.  Mais, elles ne valent rien.  Jean Charest, lui-même a fait des promesses.  Il utilise même l’exemple des Chantiers Chibougamau dans ses discours pour vanter leur vision avant-gardiste, leur efficacité et leur valeur pour le Québec.  C’est beau à entendre et ça arrache quasiment une larme.  Mais, quand vient le temps d’agir, c’est beaucoup plus vaseux !  Il faut dire que le ministre Béchard n’a pas son pareil pour foutre le bordel dans un dossier.  Son arrogance et son naturel pour se peinturer dans le coin sans aide l’obligent à se braquer tout le temps.  Il fait perdre un temps fou à tout le monde.  Mais, et c’est le pire de cette histoire, il plie au moindre souffle provenant des multinationales.  Bowater, pour ne pas la nommer, a obtenu tout ce qu’elle voulait et même plus, malgré que ses usines soient pratiquement toutes fermées.  Le ministre Béchard n’a même pas hésité de renier sa parole, sans doute sait-il ce qu’elle vaut !, et il a refusé de redistribuer, aux Chantiers Chibougamau, le bois en surplus à 2 pas d’ici.  Que le ministre Béchard et Bowater possèdent des liens qui les unit ne doit pas être pointé du doigt.  C’est sans doute un hasard, un de ses hasards étranges qui fait écarquiller les yeux et hocher des têtes….

 

Les Chantiers Chibougamau ont bien tenté d’expliquer au gouvernement, le problème.  Et, ils ont même proposé des solutions.  Le ministre Béchard, fidèle à lui-même, a tout balayé de la main.  D’un ton hautain et arrogant, il a mélangé toutes sortes de situations et fait des corrélations boiteuses.  Les méthodes utilisées pour avertir le reste du Québec étaient timides.  La route 167 nord a été bloquée partiellement en arrivant à Chibougamau.  Fallait toujours bien se faire entendre !  Le ministre Béchard n’écoute pas !!  Que les Chantiers Chibougamau soient à l’avant-garde de la foresterie au Québec n’a aucun poids face au minsitre.  Que les Chantiers Chibougamau soit le moteur économique de la ville de Chibougamau et de toute la région laisse le ministre imperturbable.  Que les Chantiers Chibougamau soient une des rares entreprises 100 % québécoises n’a aucune valeur pour le ministre.

 

Le nord du Québec ferme.  Jean Charest disait vouloir l’ouvrir.  Faudrait peut-être lui expliquer la définition du mot « ouvrir »…..  Radisson, Matagami, Lebel-sur-Quévillon, Chapais se meurent…..  Chibougamau suivra bientôt.  Et le gouvernement est content de lui.  Il monte dans les sondages.  Les gens des grands centres sont satisfaits de sa gouvernance.  Que le gouvernement donne la forêt à rabais aux multinationales, c’est pas grave.  Que des régions entières ferment, ça laisse tout le monde indifférent.  Dommage….

 

Pourtant, la région a eu la promesse de Jean Charest, de Nathalie Normandeau, de Benoît Pelletier.  Elle a même reçu la visite de Mario Dumont qui a promis.  Pauline Marois a promis par écrit, Chibougamau n’était pas un dossier assez « porteur » pour y venir en personne.  Or, toutes ces promesses se sont avérées être des mensonges.  Du vent.  Du vide…  Alors, quand vous les verrez à la télé affirmer, promettre, dire, projeter ou annoncer des actions, sachez que ça pue le mensonge.  Leurs paroles ne valent rien….  La région de Chibougamau peut vous le démontrer !  Nous avons un superbe gros Rien qui emplit de plus en plus la région….

 

Il suffisait de permettre aux Chantiers Chibougamau, une entreprise d’ici, d’avoir accès à une quantité de bois qui existe, mais qui est mal distribuée. 

Plutôt que d’attribuer ce bois à une multinationale qui a fermé la majorité de ses usines, il suffisait de repartager une partie des secteurs de coupes et la santé économique d’une entreprise, d’une ville et d’une région était sauvegardée.  Mieux encore, les Chantiers Chibougamau investiraient un autre 10 millions dans un prolongement de ses usines, créant encore des emplois dans une région vulnérable.  Il suffisait d’un peu de vision, d’un soupçon de logique et d’un trait d’intelligence, mais le ministre refuse.  Allez savoir pourquoi !!……


par chat de ruelle le 2008-03-30 03:47:55
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1 Commentaire :

Commentaire écrit le lundi 31 mars 2008 à 16:46:47 (lien)
L\'avocat du Diable
Exiger de la logique et de l'intelligence des politiciens. Il ne faudrait tout de même pas exagérer là. C'est beau rêver mais il faut être réaliste à un moment donné. Ce sont tous les pantins des financiers et ces derniers leur interdisent de penser par eux même.


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